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Les Chroniques de Big City

Tout est ici.

28 Juillet 2013 , Rédigé par A.P.

Ce qu'il y a de beau est là, sous mes yeux, et y a que moi pour le voir et voilà. Les volets sont fermés, les rideaux sont tirés.

Big City c'est dehors et c'est laid.

Et dedans j'ai gardé pour moi tout seul toute la beauté du monde, incarné dans cette fille pas loin d'être une femme. Dehors est mort, dehors c'est sale. Ici c'est beau, et c'est beau c'est rare.

Il y a là l'ivresse et la fumée, que je n'aime pas tant que ça mais c'est vrai que là et de temps à autres avec la musique et avec elle il arrive ce truc pour lequel les paumés vendraient leurs enfants, et tout est entier et tout fonctionne et putain on se marre et tout est là.

Tout est ici.

Autour c'est rien, le chaos ou le néant et je m'en fous.

Il y a là le monde et tout ce qu'il contient de bon, entre les bras d'elle et dans le creux d'une chevelure interminable, entre un soupir et un haussement de sourcil, il y a là le bonheur, et moi qui l'attrape comme s'il allait se faire la malle en une seconde, me dire comme ça l'air de rien qu'il va s'acheter des clopes et ne jamais revenir.

S'il sort, c'est mort.

Il y a là le Grand Tout, le moment parfait minuscule dans le temps, dans cet endroit minuscule où tout va bien et je sais, je sais la misère et le froid et la faim et celui qui galère juste parce que la vie c'est ça, les poches vides qui lui vident le cœur et le cœur vide qui ne se sent même plus le cœur d'aimer, et qui ignore le cri qui court les rues et qui lui crie de vivre et c'est déjà trop tard. Je sais tout ça.

Je le sais.

Mais je lui tourne le dos, à une chienne de misère qui m'aboie à la gueule et au minable et au sordide et j'attrape mon amour à bras-le-corps et je le tiens fort, je ferme mes volets et je tire le rideau sur une scène que je ne prête à voir à personne parce que merde, j'aime et puis c'est tout, et la crasse qui traîne entre les pavés de Big City je m'en fous, je la laisse traîner et c'est bien fait pour elle, moi je reste.

Je suis une pierre au milieu d'un torrent.

Rien ne m'emporte.

J'aime.

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